stephane974

http://stephane974.zeblog.com/
Click for Saint-Pierre, Reunion Island Forecast

Catégories

Derniers billets

Blog

Liens

Calendrier

« Juillet 2009
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Compteurs

Fils RSS

Oxygen Challenge: excellent... à un détail près

par Stéphane | 25/05/2009 | Rubrique: Général
Samedi 23, c'était donc ma plus longue course (40km/2340+), mis à part mon Grand Raid arrêté au milieu.

Dès l'avant-veille, petit souci de mauvais augure : un mini-torticolis me bloquant en partie la nuque du côté gauche entre les cervicales et l'omoplate. Malgré les bons massages de Lina, je craignais des douleurs pendant la course. Heureusement, je ne ressentis une gêne que vers la fin, et des douleurs le lendemain.

Bref, nous partîmes vendredi après avoir mangé. Petit détour involontaire par le Barrage de l'Aigle et la jolie ville de Salers, puis arrivée à 18h à Saint-Jacques des Blats, où nous déposâmes rapidement nos affaires avant de rejoindre la station du Lioran pour y prendre mon dossard.

Beaucoup de monde au Lioran : des sportifs (trail et VTT), des familles, des bénévoles en grand nombre. J'allai prendre mon dossard, ainsi que les cadeaux : un joli t-shirt, un sac à dos et diverses bricoles.



Ne pas confondre mon dossard 1975 avec celui porté par cette vache:



Petit repérage du départ du téléphérique pour que Lina puisse monter me voir passer au Plomb du Cantal (point culminant du Cantal, 1855m), puis retour à l'hôtel pour y manger.

Au menu : des spécialités locales, telles que le pounti et la truffade. Un repas riche, mais comme la course n'est qu'à 10h le lendemain et qu'il me faut de l'énergie pour tenir 40km, je me permets quelques excès.

Samedi, jour de la course, je me réveille tôt, je me douche, je mange mes gâteaux de riz, puis je réveille Lina pour qu'on descende prendre un café pour moi et un petit déjeuner complet pour elle.

Après avoir vérifié tout le matériel, après m'être mis des protections sur les pieds aux endroits sensibles (bande autocollante antiampoules de Mercurochrome qui s'est avérée efficace), nous reprenons la voiture pour le lieu de départ.

Dans la voiture, je me mets de la crème antifrottements entre les jambes (j'avais déjà des pansements sur les tétins), puis je m'enduis les mollets d'une crème censée chauffer les muscles et éviter les crampes. Je prends également un gel antioxydant tout en buvant régulièrement.

À 10h, c'est le départ.



On commence par une grosse côte jusqu'au Plomb du Cantal. Je ne vais pas trop vite, car je sais que la course est longue. Je sens aussi que j'ai moins de muscles que quand je ne faisais que de la montagne à la Réunion, mais je parviens à me maintenir dans le groupe de tête du peloton (les meilleurs sont déjà bien devant).





Au sommet, il y a encore un peu de neige par endroits.





Lina est là, me prend en photo ; je lui fais juste un petit signe et un bisou de loin. J'essaie de garder mon rythme avant d'attaquer la descente.

Enfin, descente... si on veut ! En réalité, alors que je commence à descendre à un rythme rapide, dépassant quelques coureurs, je me rends compte que ce que je prenais pour une descente de 15km contient quand même quelques côtes, ce qui casse mon effort. Du coup, je me fais reprendre par les mêmes coureurs et je ralentis un peu pour être sûr d'arriver en bas dans de bonnes conditions.

Au premier ravitaillement, je prends de l'eau et une pâte d'amande que j'ai l'impression de bien digérer.

À la fin de cette grosse descente, je me suis parfaitement maintenu dans ce qui me semble être la première moitié des coureurs. Je sais qu'il y en a beaucoup derrière car je les ai vus dans l'ascension du Plomb du Cantal. Je suis encore en forme, confiant dans mes chances d'arriver au bout et de mettre sans doute 6h30.

Mais au 21e km, après un ravitaillement où je bois un peu vite une petite bouteille d'eau et où j'avale une autre pâte d'amande, je commence à me sentir mal, comme lors du Trail des Mouflons en mars. Et merde ! Alors que je n'ai aucune crampe, aucune sensation d'échauffement sous les pieds, alors que j'ai des jambes, que j'ai du souffle, voilà qu'un état nauséeux me casse complètement : je dois ralentir de façon radicale, obligé même de m'arrêter très souvent pour faire des pauses de quelques minutes. J'espère (sans le souhaiter vraiment !) pouvoir vomir rapidement, car je me souviens qu'au Mouflons j'avais été dans un état pitoyable du 22e au 28e km où j'avais pu vomir et me sentir beaucoup mieux. Mais là, pas de chance (si on peut dire) : je ne peux vomir et je n'ose consommer quoi que ce soit pour y parvenir. Du coup, je me traîne comme une loque du 21e au 29e km. Je ne peux plus rien avaler. Je ne boirai ni ne mangerai plus rien jusqu'à la fin, soit 19km sans hydratation...

Alors, d'où viennent ces problèmes digestifs ? Sans doute pas le manque d'eau, car j'ai bien bu dès avant la course et régulièrement depuis le début, la meilleure preuve en est que je n'ai aucun signe de crampes et que je n'en aurai pas jusqu'à la fin malgré l'absence d'hydratation. Peut-être les gels, que je consomme forcément en plus grand nombre sur les courses longues, mais bizarrement je les supporte très bien sur les courses courtes. Dernière hypothèse : de l'aérophagie causée par l'absorption d'eau au tuyau de ma poche à eau. En effet, en buvant de cette façon, je sens en général que je suis obligé de roter de temps en temps. Samedi, quand ça n'allait pas du tout, que j'étais arrêté, je me forçais à roter, à évacuer des bulles d'air coincées quelque part, et ça allait mieux pendant quelques minutes. À moins que ce ne soit un mélange : beaucoup d'eau absorbée avec des gels et des efforts soutenus. Mais la piste de l'air dans l'estomac est à étudier : j'ai donc décidé de tester le bidon plutôt que la poche à eau lors de ma prochaine course, on verra bien.

Bref, revenons à notre galère. Alors que je suis très mal, des dizaines de coureurs commencent à me doubler. Inutile de préciser comme cela me fait enrager. J'arrive à la Cascade de Faillitoux où Lina m'attend. Je lui annonce que je ne vais pas bien, que je vais essayer de continuer pour le moment. Un petit bisou plus tard, me voici traversant la cascade pour de nouvelles aventures.



Au 29e km, ça va un peu mieux. Je peux remarcher sans m'arrêter tout le temps. J'essaie de m'humecter la bouche, histoire d'avoir un minimum d'eau, mais à chaque fois je dois peu après m'arrêter et me forcer à roter.

J'arrive au Col du Perthus où ma Lina est encore là.



Je ne m'arrête pas à ce ravitaillement, car j'ai la poche à eau pleine depuis le 21e km et j'ai de nombreux gels et barres que je ne peux avaler. J'espère tenir ainsi jusqu'à la fin.

Pas de bol : au 34e km, mes troubles digestifs reviennent et me recassent les jambes et le moral. Je me traîne de nouveau dès que ça monte, faisant des pauses pour ne pas vomir (mais en espérant y arriver). À un moment donné, alors que je suis assis sur le sentier, des gars m'encouragent à les suivre doucement, l'un d'eux m'aidant à me relever. On fera un bout de chemin ensemble, eux allant plus vite en montée et moi en descente.

Après une succession de jolies grimpettes (elles auraient été plaisantes et pas si difficiles en temps normal, mais vu ma forme elles sont très usantes), la dernière descente commence par un petit passage casse-gueule dans la neige, puis un sentier pierreux et pentu, mais pas dangereux : je retrouve un minimum d'énergie simplement parce que je sais l'arrivée proche. Je sais aussi qu'on finit par une côte, que je redoute déjà.

Je monte celle-ci tant bien que mal, puis c'est l'arrivée en descente (bas d'une piste de ski), sous les encouragements du public (dont des enfants disant « allez, il faut finir en courant ! »). Je trottine un peu dans les derniers cent mètres et passe la ligne d'arrivée en 7h59'.





Lina est toujours là. Elle m'apporte ma boisson de récupération que j'ai toutes les peines à avaler. Je vais chercher un peu d'eau, puis je sors de la zone d'arrivée. Lina et moi nous installons à l'ombre, histoire de souffler et d'essayer de boire.

Au bout de trois quarts d'heure, ça va un peu mieux : nous allons nous asseoir à une table près de la buvette. Je retrouve un peu d'appétit, du coup je me tape deux bières et deux sandwiches au jambon d'Auvergne. On assiste au début du concert en voyant les derniers coureurs arriver.



Nous quittons Le Lioran vers 20h et sommes à la maison à minuit.

Conclusion : Après avoir connu des moments aussi difficiles, c'est-à-dire les cinq dernières heures sur les huit de la course, après avoir été obligé de m'arrêter si souvent, après avoir renoncé à toute alimentation et hydratation pendant les 19 derniers kilomètres, je ne peux que me réjouir d'être parvenu au bout de cette épreuve. Il y a tout de même des points positifs : en 40km, je n'ai eu aucune ampoule et surtout aucune crampe, ce qui est exceptionnel pour moi. Je pense donc que mon alimentation et mon hydratation des jours précédents et du début de la course étaient bonnes. Je sais aussi, car je le sens au niveau musculaire, que j'avais le potentiel pour faire beaucoup mieux et que sans mes nausées j'aurais fait une jolie course en moins de 7 h. Il me reste donc à régler le dernier petit détail : comprendre d'où viennent mes troubles digestifs et m'en débarrasser afin que je puisse être réellement performant lors de mes prochaines courses. Pour l'instant, je vais me reposer pour bien récupérer. Je n'ai aucune course en juin, ce qui va me permettre de me préparer au mieux pour mes prochaines courses de juillet (Trail du Bout du Monde) et d'août (Championnat du Canigou). Un grand merci à Lina pour son accompagnement et son soutien.

Stéphane



Capbreton et balades en Pays Basque

par Stéphane | 25/04/2009 | Rubrique: Entraînements
Mardi, je suis allé à Capbreton, avec pour objectifs de visiter un peu mieux la région, voir notre appartement sous le soleil, et partir de là pour effectuer quelques sorties d'entraînement/découverte en Pays Basque.

Pour commencer, voici une photo de la propriété dans laquelle se trouve notre appartement (rez-de-chaussée, presque en face légèrement sur la gauche). Il y a une dizaine de bâtiments en arc de cercle autour de la piscine.



Le jour de mon arrivée, il ne faisait pas très beau. Après avoir grignoté et fait une sieste, je suis allé marcher sur le port, dont voici une photo.



Mercredi matin, malgré une espèce de rhume traînant depuis une semaine (je pense qu'il y a encore une fois une base allergique, sans doute le début du pollen), et en dépit d'un temps peu incitatif, je me suis décidé à aller tenter l'ascension de la Rhune, non pas par le petit train bien connu ou le chemin habituel des touristes, mais par le sud, en longeant la frontière avec l'Espagne.

Au bout d'une heure environ, j'arrivai à la frontière. On ne voit nulle part la mention "España", mais seulement ce panneau:



À noter que dans cette région fort accueillante (et je dis cela sans rire, vu que tous les autochtones avec lesquels j'ai échangé quelques mots étaient très sympathiques), beaucoup de panneaux de signalisation sont en deux langues, français et basque, et bien souvent le français est maculé de peinture... Eh oui, ici comme ailleurs, de pauvres gens n'ont que l'obsession de leur bout de terrain et de leur club de foot pour vivre.

Bref, je traversai la frontière, juste pour le plaisir de me rendre pour la première fois de ma vie en Espagne, puis je fis demi-tour et essayai de trouver le départ du sentier. D'après ce que j'avais lu et analysé sur les différentes cartes, je ne devais pas être loin. Je pris vite fait une photo d'une borne (borne n°36; j'étais censé en voir d'autres, au nombre de plus en plus petit, car sans doute la première est-elle proche du littoral, mais je n'en ai vu aucune).



Je commençai alors ma première randonnée en Pays Basque. Le sentier était assez étroit et humide, mais sans difficulté particulière. À un moment donné, je rejoignis un autre sentier, plus large, que je me promis de prendre au retour car il devait mener à la route également, mais il était beaucoup plus agréable. J'arrivai à une intersection, avec une maisonnette servant sûrement d'abris où je pris une photo des volets...



Là, je fus ennuyé de constater qu'il y avait deux chemins et aucune indication. D'après moi, en allant à gauche, c'était l'Espagne, alors je pris à droite le sentier qui montait le plus, ce qui me semblait assez logique vu que je devais tout de même grimper jusqu'à près de 900m d'altitude (voiture laissée à 130m). Malheureusement, au bout de quelques minutes, j'eus l'impression de faire fausse route, ce que le gps de mon iPhone confirma: j'étais de nouveau en Espagne, il fallait que je trouve un autre chemin. L'opérateur Orange m'envoya d'ailleurs un sms pour me proposer un service de traduction! Merci, mais je n'avais pas vu le moindre humain depuis le début... À part des bruits de cloches accrochées sans doute au cou de brebis paissant, c'était le silence complet. Il faut noter une chose importante: autant à la Réunion les sentiers étaient très bien signalés et les marques au sol paraissaient parfois trop nombreuses, autant sur les sentiers que j'ai parcourus au Pays Basque les repères sont rares et il vaut donc mieux être équipé de cartes et/ou de gps.

Bon, je fis demi-tour. Je revins vers la cabane et je découvris deux panneaux indicateurs que je n'avais pas vus à l'aller. Mais aucun des deux ne donnait le chemin pour la Rhune. Je cherchai un peu puis je découvris un sentier qui montait pas mal: cela me sembla être le chemin menant au sommet; je me dis que de toute façon, même si ce n'était pas le bon chemin, j'étais venu pour m'entraîner à grimper, alors...

Je pris donc ce sentier étroit et très raide. J'entendais toujours les cloches de quelques brebis que je pus difficilement apercevoir sur le versant d'en face, notamment par le fait d'un temps couvert. Quelques minutes plus tard, j'arrivai sur un plateau, à 600m d'altitude. Devant moi, il y avait une pierre avec un balisage, mais à cause d'un épais brouillard, je ne voyais rien à 20m. Du coup, impossible de savoir dans quelle direction aller, puisqu'il n'y avait plus de sentier... J'hésitai quelques minutes, puis je choisis la sagesse: redescendre plutôt que d'essayer de trouver dans le brouillard un hypothétique sentier, au risque de me perdre.

Je redescendis donc en courant un peu, histoire d'être venu pour quelque chose! Sur le chemin du retour, je m'arrêtais parfois pour observer des chevaux ou des curiosités comme celle-ci:



Je regagnai la voiture et rentrai à Capbreton.

En fin d'après-midi, je fis un tour en ville où je découvris notamment les jolies toiles basques de la maison Artiga.

Jeudi, la météo annonçait un beau soleil, c'était inespéré... Je pris donc la voiture pour retourner au Pays Basque, cette fois-ci pour gravir la Baïgura (897m). J'hésitai sur tout le trajet en voiture, à cause d'un brouillard très épais qui me laissait penser que les conditions seraient pires que la veille. Finalement, je tins bon, et je fis bien car le soleil fut resplendissant toute la journée.

Après avoir cherché le départ de la randonnée pendant vingt minutes (mon guide n'est pas très précis et le balisage inexistant), je m'enquis auprès d'un livreur qui m'indiqua le bon chemin: je devais suivre les brebis, puis je me garerais là où il aurait de la place. Je suivis donc, pendant près de dix minutes, le troupeau de brebis.



Chose amusante: au départ, je suivais d'assez loin, et le chien passait devant la voiture pour regrouper son troupeau, mais je me suis un peu rapproché et le chien a fini par faire le tour de la voiture, la prenant sans doute pour une brebis obèse égarée.

Je garai la voiture. Je m'équipai... en n'oubliant pas la crème solaire! Je commençai à grimper par un sentier étroit et assez envahi par la végétation. Rapidement, je vis un autre chemin beaucoup plus large et dégagé quelques mètres en dessous; je descendis donc pour prendre celui-ci.

Le début de la balade est rude quand on n'a plus l'habitude des côtes et de la chaleur. Il me fallut un peu de temps pour trouver mon rythme. Au-delà de 550m d'altitude, la pente était moins raide, ce qui me permit de mieux profiter du magnifique paysage.



Partout à partir de cette altitude on voit des pottocks, les poneys basques, qui se promènent et broutent tranquillement.



Pour aller plus vite, j'en montai un, mais ma monture ne résista pas à cette ascension exceptionnelle:



Marchant depuis des jours et dorénavant à court de vivres, je dus sacrifier une brebis:



Redevenons sérieux.

J'arrivai au sommet, où la vue est agréable, même si elle est gâchée par des pylônes (en fait, ça dépend, parce que moi je ne trouve pas les pylônes si inesthétiques que cela, ce sont des mini-Tour Eiffel après tout).



Je pris quelques photos, puis je redescendis en courant. Malheureusement, je ne pus courir jusqu'à la voiture car n'ayant plus l'habitude de la dénivelée et des sentiers caillouteux, je commençais à avoir des ampoules... Grandeur et décadence!

À la voiture, je fis encore une photo souvenir avec mes amies les brebis.



Puis j'allai à Espelette boire deux bières (il faut bien ça) et faire quelques emplettes.





Je rentrai à Capbreton, heureux de cette belle journée.

Hier vendredi, ayant des ampoules et les jambes lourdes (quel manque d'entraînement! quelle perte de muscle!), je pris le chemin du retour vers Prigonrieux.

Stéphane


N°1 !

par Stéphane | 12/04/2009 | Rubrique: 2009
Trail des Pradasques, La Force (24), 16km, 300+


Eh oui, on l'aura compris: il ne s'agit que de mon numéro de dossard! Cela dit, c'est plutôt agréable de porter le n°1, les gens vous regardent avec une espèce de mélange d'admiration ("tu crois que c'est un balèze?") et d'incompréhension ("non, c'est un loser, il a dû coucher pour avoir ce numéro").

Bref, réveil à 6h, départ de la maison à 9h20, arrivée sur les lieux à 9h30, retrait du dossard, échauffement, attente... départ à 10h00 comme prévu.

Prévues également, la pluie (une petite bruine, mais quand même) et son amie la boue (là, les organisateurs n'y sont pas allés de main morte, je suis sûr qu'ils ont arrosé le terrain en plus).

Je suis parti à un rythme un peu rapide pour moi (12,5km/h), alors qu'à l'entraînement je pars plutôt sur une base de 11,5km/h. Mais bon, les sensations étaient convenables, donc pourquoi se priver? (C'est sans doute ce que se disaient tous ceux qui ont un jour dû abandonner sur une course.)

Ben, en fait, pas grand-chose à raconter pour ce trail: beaucoup de boue, peu de dénivelée (dans les 300m d'après mon gps, je vérifierai auprès de l'organisation). Pas de coup de barre significatif: c'est peut-être ça la seule chose notable!

À l'arrivée (en 1h33'54), j'ai récupéré ma bouteille de vin de Bergerac, puis je suis rentré très vite. Il y avait encore un peu de monde derrière moi (je finis 48e sur 69), c'est rassurant, surtout vu ma mauvaise préparation pour ce trail.

Après le rinçage des chaussures et une bonne douche, on a fêté mon exceptionnelle performance avec un bon petit vin blanc... de Bourgogne (Puligny-Montrachet 1er cru 1996 du domaine Leflaive pour les connaisseurs).

Conclusion: course agréable, que j'ai terminée dans de bonnes conditions, c'est l'essentiel. Point très positif: c'est la première fois que je fais une course à plus de 10km/h de moyenne. Prochaine étape, d'une tout autre ambition: le Merrell Oxygen Challenge (Le Lioran, 40km, 2300+)



Veni, vomi, vici

par Stéphane | 09/03/2009 | Rubrique: 2009
Trail des Mouflons, Cherveix-Cubas (24), 32,826km/1353+

Après une heure et demie de route, j'arrivai à Cherveix-Cubas (prononcer Chervé-Cuba). Personne. Je traversai le village de part en part: aucun signe de l'organisation d'une épreuve sportive ! Au bout de quelques minutes, je vis une voiture avec à bord des gens ayant l'air de sportifs (oui, entre pro, on se reconnaît) ; ils m'indiquèrent le départ, un peu à l'extérieur du village, au stade de rugby.

Je me garai, passai un petit coup de fil (j'adore cette expression avec un GSM), allai dans la fraîcheur (7 °C) chercher mon dossard (et un joli t-shirt), pissai, puis je rejoignis la ligne de départ où celui-ci fut donné vers 10h02.

Je partis à un rythme moyen, ne voulant pas commencer trop vite (il y avait tout de même presque 33 km à faire), mais ne souhaitant pas non plus me retrouver en fin de peloton pour ne pas être coincé au cas où le sentier serait très vite étroit avec impossibilité de doubler.

Comme d'habitude, pas mal de coureurs me doublèrent quand même, mais j'avais toujours l'impression de n'être pas dans les derniers.

Quelques descentes très techniques en forêt me permettaient de revenir sur des coureurs plus rapides en course pure. Je sentais toutefois que je n'étais sans doute pas aussi en forme que lors des Folies Nocturnes en février. Je ralentis un peu, me disant que je devais avant tout arriver au bout.

D'habitude, quand je m'entraîne, je commence à flancher vers le 14e km, là j'atteignis cette distance en sentant que j'avais encore des ressources, ce qui me rassura (à tort !).

Côté alimentation, j'avalais régulièrement barres et gels, et je buvais très souvent, grâce à une poche à eau bien remplie. À noter que sur ce trail les ravitaillements étaient assez mauvais : il n'y avait que de l'eau (rien à manger !) et en plus en bouteilles (pas de gobelets la plupart du temps). À un moment donné, il n'y avait même pas de bénévoles avec les bouteilles, elles étaient abandonnées au détour d'un sentier, avec juste dessus la marque rouge du balisage...

Vers le 16e km, je me trompai encore de chemin. Cette fois-ci, je suis sans doute seul responsable : alors que le balisage semblait indiquer le passage à gué d'un ruisseau, je jetai un coup d'oeil pour être sûr, puis je traversai. De l'autre côté, pas de balisage : je partis sur la gauche pour essayer de voir une balise, je marchai un peu puis je me rendis compte que j'étais sûrement sur une fausse piste. Je retraversai le ruisseau, et là, bizarrement, je vis deux balises que je n'avais pas vues avant (cela, sans explication autre qu'un manque de lucidité). Bref, j'avais perdu 6 ou 7 minutes, effectuant 400 à 600 m de plus.

Au 22e, je sentais mes jambes bien lourdes, mais j'étais tout de même plus en forme qu'au Trail de Pécharmant où dès le 20e km j'étais cuit. Je trouvais que c'était bon signe... Je me fis dépasser (déposer !) par deux coureurs âgés, et j'espérais que je ne me retrouverais pas dernier. C'est alors que je vis un gars mal en point : il venait de vomir ; je lui proposai un gel, mais il avait ce qu'il lui fallait. J'appris qu'il était derrière moi avant que je me trompe de sentier. Nous fîmes un bout de chemin ensemble.

À partir du 24e km, j'étais moi aussi en mauvais état : non seulement j'avais les jambes très lourdes, mais je commençais à me sentir mal, avec quelques troubles digestifs. Mon acolyte et moi nous traînâmes tant bien que mal sur des sentiers escarpés en forêt : des côtes comme je les aime en temps normal, plutôt en début de course et pas quand mon ventre montre des signes inquiétants. Nous franchîmes ensemble un passage très technique : une véritable descente en rappel de 10m où il fallait se tenir à une corde.

Peu avant le 28e km, ça allait de moins en moins bien pour moi. Je vis de l'eau, disant au gars m'accompagnant « attends, je bois un coup », ce qu'il a dû interpréter par « vas-y avance sans moi et laisse-moi crever », car je ne le revis plus qu'à l'arrivée...

Je bus une bonne quantité d'eau, mais je ne pouvais plus avaler de gel, rien que d'y penser me donnait envie de vomir (c'est là que j'aurais apprécié un ravitaillement avec du solide).

À un moment donné, je crus m'être de nouveau trompé de chemin, et comme je me sentais vraiment mal, je me dis que j'allais redescendre là où il y avait les derniers bénévoles vus, et que j'allais abandonner. Finalement, j'avançai un peu et vis la rubalise.

Je me traînais lamentablement. Je me disais que j'étais peut-être le dernier, mais comme les gars des derniers ravitaillements n'avaient pas rangé dès notre passage, il y avait une petite chance pour qu'il y ait des coureurs encore plus mal en point que moi derrière.

Au 28e, c'en était trop : je dus m'arrêter pour vomir. J'avais hésité à passer à l'acte, car je me souvenais d'une triste expérience dans le cirque de Mafate à la Réunion où le premier vomissement n'avait pas arrangé les choses et avait été suivi de quatre autres.

Mais là, non : ça allait mieux. D'un seul coup, j'avais retrouvé de l'énergie et des jambes. Je ne voulais quand même pas trop tirer sur la corde, mon unique but maintenant étant d'arriver au bout, alors je marchai tranquillement, en réalité beaucoup plus vite que sur les derniers kilomètres.

Je repassai sous le pont franchi au départ (les pieds dans l'eau, avec une corde pour se tenir), réjoui de voir que j'approchais de l'arrivée. Mais le retour était plus long que l'aller : il fallait encore bifurquer et grimper une petite côte.

En haut de cette côte, j'entendis de très loin le haut-parleur dire « bon, eh bien nous allons remercier... ». Je sus que l'organisation était sur le point de plier bagage. J'espérais quand même arriver suffisamment tôt pour qu'on enregistre mon dossard.

Encore quelques efforts, puis je rejoignis l'arrivée, où on m'accueillit par un « vous êtes le dossard 41 ? », et l'on me confirma qu'on n'attendait plus que moi... Super ! Je revis également le gars avec lequel j'avais fait quelques kilomètres, qui m'indiqua qu'il y avait encore à manger.

Je bus un peu, mangeai deux abricots, un pruneau et deux morceaux de pain. J'étais très fatigué, mais avoir vomi m'avait fait le plus grand bien. Je regagnai ma voiture, me changeai et rentrai à la maison.

Conclusion : ce trail est assez difficile, parce qu'il est assez roulant au début et très boueux, puis les grosses côtes arrivent quand les jambes sont déjà bien lourdes et que la fatigue se fait sentir. Comment expliquer ma mauvaise prestation ? Je vois deux explications possibles : 1) j'ai perdu beaucoup de poids depuis janvier (-7 kilos), je suis donc sans doute affaibli et je n'avais plus suffisamment de jus pour 33 km ; 2) j'ai pris un petit coup de froid au début de la course, ce qui a accentué un état de fragilité que j'avais déjà. Je sais que perdre du poids rapidement n'est pas forcément recommandé, mais j'avais des réserves de graisse (81 kg début janvier), et il faut absolument que je me sente plus léger sur les sentiers justement pour avoir envie de m'entraîner et de faire des courses. Je vais maintenant me reposer, bien reconstituer mes réserves, et m'entraîner. Prochain objectif, plus facile j'espère : le Trail des Pradasques (à La Force, à côté de chez moi ; 16 km).



Matos/poids, ça avance

par Stéphane | 28/02/2009 | Rubrique: Général
Hier, petite promenade en Gironde. Après un passage chez Traid à Mérignac pour y racheter un haut bien chaud Akammak malheureusement plus en stock pour le moment, direction Bordeaux afin de se promener et découvrir cette ville. On se gare au centre-ville, on va acheter (eh oui, 1€) un plan de la ville à l'office du tourisme, puis on va s'installer dans un bar/restaurant pour manger et faire notre programme de l'après-midi avec le plan sous les yeux. On décide de faire le parcours touristique à l'envers, afin de terminer par le Jardin public et notre parking.

On se promène, voyant de jolis bâtiments (malheureusement le "Miroir d'eau" est sans eau...), on va prendre notre café au café-restaurant-salon de thé "L'Identi-terre" place Saint-Pierre (excellent chocolat chaud aux épices: cannelle, gingembre, muscade, girofle), puis on arrive sur une autre place et je vois sur une vitre le nom d'une marque que je connais bien: Salomon. On attend quelques minutes l'ouverture du magasin, et on entre jeter un oeil sur le matos Salomon et Patagonia. J'achète une veste Salomon pour l'avant ou l'après-course.

On suit notre parcours, puis on fait un petit crochet dans la rue commerçante Sainte-Catherine. On découvre un magasin "Décat'" (on ne connaissait pas, après dix ans passés à la Réunion). On entre et on s'aperçoit qu'on est dans un petit décathlon (explications de la caissière: Décat' est une filiale de Décathlon pour les centres-villes, avec moins de références et plus "urbaines"). On achète des t-shirts, un haut chaud pour courir (à tester à la place d'Akammak presque trois fois plus cher), une veste chaude pour l'après-course (il faut bien le dire: après un effort intense, je suis toujours frigorifié et j'ai besoin de nombreuses couches bien chaudes), des gants de ville, une casquette pour courir, et un stepper Domyos ST 140. Je compte bien utiliser celui-ci pour me faire un peu de cuisses en fournissant un effort proche de la marche en montagne. En effet, si le vélo muscle les cuisses, j'ai l'impression que cette prise de muscle ne correspond pas à ce qui me serait utile dans les montées (d'ailleurs, j'ai lu dernièrement dans un magazine qu'on conseillait de faire du vélo en danseuse pour muscler les cuisses pour la course de montagne). Bref, je vais tester, ça ne pourra pas me faire de mal quelques séances de temps en temps, en écoutant de la musique ou en regardant la télé.

Ensuite, bien chargés, on a terminé notre circuit touristique. On est retournés déposer tout le matériel dans la voiture et on est allés se boire un café avant de reprendre la route. On va au café Brun (dont j'avais entendu parler): pas de chance, après 17h, ils ne servent plus de cafés! Du coup, je bois une bière pas très fraîche ni très mousseuse (pour la mousse, c'est peut-être la bière elle-même, la Kilkenny ambrée que je ne connaissais pas; pour la fraîcheur, la bière n'est pas responsable!) et Lina prend un Schweppes... pas très frais. Cela dit, le café diffusait une bonne musique jazzy et il y a un grand choix de whiskies qui nécessitera une autre visite...

Bon, nous qui voulions manger nos bons cannelés avec notre café, c'est raté: on rentre à Prigonrieux tranquillement et on les mangera en dessert.

Ce matin, je me pèse (j'espère ne pas avoir pris de poids avec les cannelés et la bière, sans compter le croque-monsieur frites de midi) et je vois un joli 74,8kg: j'ai donc perdu 6kg depuis début janvier. Je suis assez content de voir mes efforts (mis à part hier) qui payent. Ce soir, bon resto pour fêter cela!



Cardio et endurance

par Stéphane | 25/02/2009 | Rubrique: Entraînements
Hier, un peu de course sur la piste VTT de Prigonrieux, et quelques côtes en forêt, tout ça afin de travailler l'effort cardiaque et les cuisses. Aujourd'hui, pas loin de 30km en VTT sur route pour travailler l'endurance. Cela m'a permis de repérer quelques sentiers pentus que j'irai revoir à pieds prochainement. Je sens que ma résistance à l'effort augmente (même si j'ai toujours mal aux fesses au-delà d'1h15 de vélo). Espérons que cela sera suffisant pour tenir presque 33km le 8 mars...



Folies Nocturnes Extrême Trail

par Stéphane | 16/02/2009 | Rubrique: 2009
Lieu: Rigny-Ussé (Indre-et-Loire 37); distance 14km; dénivelée 440m.


Samedi 14 février, c'était ma deuxième course de l'année : les Folies Nocturnes Extrême Trail. Un nom un peu exagéré, mais qui annonçait quelques surprises : distance inconnue entre 10 et 20 km, dénivelée inconnue, nature du terrain inconnue. Info importante: ce trail était gratuit.

Lina et moi prîmes la route le samedi vers midi. Bien hydraté et alimenté depuis plusieurs jours, j'avais mangé avant de partir une bonne dose de pâtes avec quelques lentilles. Le départ de la course ayant lieu à 19 h, j'avais prévu de manger deux petits gâteaux de riz vers 16 h, ce que je pus faire pendant que Lina conduisait.

Nous arrivâmes à 17 h à l'hôtel Diderot à Chinon : bon accueil, chambre très convenable, excellent petit déjeuner le lendemain.

Après un peu de repos, je m'équipai : t-shirt technique, haut chaud Akammak vraiment efficace, veste légère déperlante Lafuma, bas long ; crème antifrottement sur l'entre-jambes et les pieds, pansements sur les tétins (n'oublions pas mon surnom douloureusement acquis de « tétons sanglants ») ; remplissage de la poche à eau, vérification de la frontale et du bonnet ; choix de gels. Tout me semblait à même de contribuer à une course dans de bonnes conditions.

Vers 18 h, nous quittâmes l'hôtel pour rejoindre Rigny-Ussé, situé à 20min. Devant le château, de nombreuses voitures étaient garées, avec beaucoup de monde, dont pas mal de coureurs en train de s'échauffer (ou de se réchauffer, c'est selon, avec une température de 2 °C).

Nous allâmes chercher mon dossard. Petit souci d'organisation (des organisateurs qui ne l'ont pas indiqué, et de ma part, car j'aurais dû y penser) : pas d'épingles à nourrice pour le dossard. Bon, pas grave, je mettrai le dossard dans une poche et le ressortirai à l'arrivée. Un petit pipi, puis je rejoignis la ligne de départ.

Là, nous eûmes droit à un briefing un peu long quand il ne fait pas chaud, mais nécessaire pour assurer la sécurité.

Puis, dans un grand cafouillage, ce fut le départ. Cafouillage, car le speaker avait dit que le départ aurait lieu quand arriverait la musique, mais quand celle-ci se fit entendre, il y eut un moment d'attente, les coureurs ne sachant pas vraiment si c'était le coup d'envoi. Quelques-uns se décidèrent, entraînant les autres à la suite. Malheureusement, nos fûmes bloqués par un membre de l'organisation, qui nous demanda d'attendre (sans doute pour que les quads qui assuraient la sécurité sur le parcours aient le temps de partir). Nous commencions à reculer, revenant vers la ligne quand on entendit « c'est parti », alors tout le monde refit demi-tour et s'élança enfin.

Au bout de deux minutes, nous avions compris la nature du terrain : une bonne petite côte bien boueuse échauffa les mollets, puis ce fut une espèce de champ gorgé d'eau, puis la forêt où il fallait naviguer entre branches, ronces et boue. Cela dura quelques kilomètres quand même !

Comme j'avais eu la chance de pouvoir partir très vite quand le vrai départ fut lancé, j'étais bien placé, sans doute dans le premier tiers des concurrents. Quand il y avait de petites côtes bien glissantes et de petites descentes... bien glissantes, je profitai de mon expérience réunionnaise pour coller à mes prédécesseurs (si cela avait continué ainsi, j'aurais même tenté des dépassements, car certains ralentissaient beaucoup dans les descentes, ce qui peut se comprendre de nuit, sur sol glissant et avec des branches à écarter pour se frayer un passage...), et quand cela devenait plus plat, je courais à un rythme qui me permettait ne n'être pas distancé. Bref, j'avançais à un bon rythme, m'hydratant bien et prenant un gel quand c'était nécessaire.

Puis nous sortîmes un peu de la forêt et empruntâmes une route goudronnée : comme d'habitude, des coureurs (des vrais !) me rattrapèrent et me laissèrent sur place. Je perdis ainsi une bonne quinzaine de places.

Et hop, retour en forêt. À un moment donné, drôle d'expérience, je ne voyais aucune frontale, juste des catadioptres devant et derrière, balisant le chemin. C'est chouette les courses nocturnes !

Je repris un ou deux coureurs puis ce fut l'erreur de parcours. À une espèce d'intersection, je vois des gars venir de la droite, faisant des commentaires sur le chemin et le balisage et se dirigeant vers la gauche. Je jette un coup d'oeil à gauche et vois un catadioptre signalant le chemin. Je demande quand même à un des mecs si c'est bien par là, il me dit qu'il pense que oui. Nous partons vers la gauche... ce qui était le mauvais choix. Très vite, j'ai l'impression d'être déjà passé par là, ce qui est confirmé par d'autres coureurs dans le même cas. Nous avons beau pester, il vaut mieux avancer que revenir sur nos pas et prendre le risque de se perdre complètement. C'est d'autant plus pénible qu'alors que nous étions bien placés, en coureurs isolés, nous nous retrouvons dans un groupe nombreux, avec pas mal de femmes qui discutent... Je passe pour la seconde fois un grand fossé hyperglissant où les organisateurs ont mis une corde pour aider au franchissement. C'est du temps et de l'énergie perdus, mais bon, il faut bien rester motivé !

Comme j'ai la forme (cela fait une dizaine de kilomètres que nous sommes partis), je profite du premier espace libre pour dépasser un bon groupe de coureurs plus lents (normal, ils étaient loin derrière moi avant mon erreur de parcours), puis je cours à un bon rythme pour rattraper un peu mon retard, tout en espérant ne pas prendre une troisième fois ce chemin et ne pas griller trop de forces dans ce surplus de parcours.

Tiens, un sentier que je ne connaissais pas : je suis sûr d'être maintenant sur la suite du parcours. Je suis vraiment en forme, alors j'accélère un peu, sans trop forcer, car je ne sais pas si je suis presque au bout, ou s'il reste dix bornes !

Enfin, j'arrive sur des chemins situés à proximité d'habitations, avec des cônes pour baliser la route : je sais que je suis sur le chemin du retour au château d'Ussé, si j'ai bien compris ce qui a été dit au briefing. J'accélère alors beaucoup, afin de ne pas laisser la frontale que je sens par-dessus mon épaule me dépasser dans les dernières centaines de mètres.

Finalement, j'arrive seul, officiellement 111e sur 183, en 1 h 52' 07 '' (premier 1 h 12' 42 '').

Cependant, à cause de ma boucle supplémentaire, je dois faire des calculs compliqués pour savoir où je me serais situé sans cela. D'après les organisateurs, il y avait 13,97km. Mon gps m'indique que j'ai fait 14,6km, ce qui ferait une boucle de 600 m. Mais sur le blog d'un coureur, on trouve une distance mesurée par son gps de 13,6km, ce qui porterait ma boucle supplémentaire à 1km. Qui plus est, le logiciel Trailrunner qui me permet de visualiser tout le trajet, m'indique une boucle supplémentaire de 2km, entre les kilomètres 9,4 et 11,4, pour 18min de parcours en plus ! Tout cela a son importance sur le temps que j'aurais pu faire sans supplément : il me semble que je peux sans risque d'exagérer penser que j'aurais eu un meilleur classement d'au moins vingt places (voir classement), ce qui m'aurait permis d'être pour la première fois depuis que je cours dans les premiers 50 % des participants.

À noter: l'organisation n'avait rien prévu pour les accompagnateurs, ce qui obligea ma pauvre Lina à attendre un peu dans le froid. Heureusement, le gardien du château lui ouvrit une salle où elle put se réchauffer. Les organisateurs reconnaissent cette erreur (même ceux qui devaient accueillir les arrivants ont manqué les trois premiers car ils étaient au chaud dans leur voiture), et ils m'ont assuré qu'ils corrigeraient cela l'an prochain.

Quoi qu'il en soit, je suis très satisfait : la course était amusante, j'étais en forme (aucun problème de baisse de régime ou de sensation de crampe) et je suis arrivé frais comme... un coureur de course nocturne en février. Je ne peux que conseiller cette course ; j'y retournerai l'année prochaine avec grand plaisir.

Stéphane974

Épilogue

De retour à l'hôtel, Lina me prépara dans notre chambre une part de son excellent cake et un peu de salade. Le lendemain, un riche petit-déjeuner (l'hôtel a 55 sortes de confitures maison, et tout est frais : pain, croissant, brioche, fromage de chèvre local, jus de pomme d'artisan, etc.). À midi, un bon resto (L'Ardoise à Chinon, qui manque tout de même d'un je-ne-sais-quoi de charme et de finesse).



Trail de Pécharmant: une première enrichissante

par Stéphane | 19/01/2009 | Rubrique: 2009
Lieu: Creysse; 22,4km; 1367+



J'avais placé la barre un peu haut pour une reprise : après 7 mois de quasi-inactivité (quelques footings, quelques sorties VTT, mais rien de très physique), après avoir repris au moins cinq kilos depuis mai 2008 (les dernières bonnes bouffes de la Réunion et les premières de Dordogne étant passées par là), j'avais donc décidé de débuter mon année 2009 par le Trail de Pécharmant, un trail de 22,4 km/1367+. J'étais étonné de pouvoir avoir une telle dénivelée dans le coin, mais après tout, sur 22 km, tout est possible avec de petites grimpettes répétées.

Depuis plusieurs jours, je regardais la météo, qui annonçait une probabilité de pluie de 80 à 100 % pour ce dimanche 18 janvier. On devait avoir 5 °C au départ, avec un peu de vent. J'allai jusqu'à Mérignac (magasin Traid, vendeur sympa et compétent) pour acheter le matos nécessaire : un vêtement près du corps Akammak chaud et respirant dont j'avais entendu parler sur un forum de trail; un coupe-vent déperlant Lafuma avec manches amovibles et poches (pour mettre les gels, mon vêtement imperméable Raidlight n'ayant pas de poche) ; un bonnet Raidlight léger et couvrant bien (et assez discrètement) les oreilles.

Normalement, on ne doit jamais tester un équipement le jour d'une course, mais là je n'avais pas vraiment le choix.

Avec Lina, nous arrivâmes à 9 h 30 au château du Roc à Creysse (moins d'1/2 heure de la maison) afin de retirer mon dossard. Il faisait gris, mais il ne pleuvait pas encore. Quelques échauffements plus tard, nous étions déjà à 4 min du départ et la pluie fit son apparition. Tout le monde se réfugia sous le porche du château en attendant le coup de sifflet.

À 10 h, j'entamai ma première course en métropole !

Comme je craignais d'être obligé de courir vraiment pendant 22,4 km, je décidai de partir lentement, me disant que si j'avais la forme, je pourrais toujours rattraper quelques coureurs fatigués sur la fin de course. Beaucoup de monde me passa devant et je me retrouvai assez vite en queue de peloton.

Quelques minutes plus tard, une autre vague de coureurs arriva à toute vitesse : les coureurs du 10 km, lâchés 5min après nous. Je ne trouvai pas cette situation très confortable : non seulement je ne savais pas si tous ceux qui me dépassaient étaient des coureurs du 10 km (et j'avais donc peur d'être aussi en train de de me faire doubler par les derniers du 22,4 km), mais en plus comme ils allaient beaucoup plus vite et que le sentier à cet endroit était étroit, ils faisaient pression pour passer, ce qui en fit râler quelques-uns. Si je refais cette course, je suggérerai aux organisateurs de faire partir le 10 km 15min après le 22,4 km.

J'avançais tranquillement, pataugeant régulièrement dans la boue (visiblement, il avait plu la veille et la pluie du jour n'arrangeait rien). Comme je le pensais, il n'y avait que de petites côtes répétées, et le parcours, très roulant, n'était pas fait pour moi (et vice versa). En effet, je ne suis pas un coureur, mais plutôt un grimpeur : il me faut de grosses côtes, que je peux gravir en marchant vite, et de fortes descentes où je peux m'amuser. Les courses de la Réunion étaient souvent sur ce modèle de grosse côte bien raide, et ça me convenait. Mais en Dordogne, c'est impossible !

Mon équipement était adapté : même si j'eus un peu chaud après le départ à cause du premier effort, et même si j'eus un peu froid pendant quelques minutes quand il y avait de la pluie et du vent, globalement j'étais à l'aise.

Les ravitaillements étaient plutôt légers. À noter : l'eau était glacée, donc pas facile de boire vite plusieurs gobelets. Pour cette première course, j'avais décidé (à raison) de ne pas prendre de poche à eau, du coup j'ai perdu un peu de temps à boire... Mais bon, comme je ne jouais pas le podium, pas de souci !

Je commençais à faiblir vers le 14e kilomètre. Je me disais que si moi je faiblissais, il devait bien y en avoir d'autres, et je n'allais pas tarder à voir des coureurs marcher, ce qui allait me permettre d'être sûr de ne pas finir dernier. Pas de chance : non seulement je ne vis qu'un coureur marcher (vers le 20e kilomètre), mais en plus ceux qui étaient encore derrière moi revenaient les uns après les autres, aucun ne voulant être gentil avec moi. J'étais donc obligé de continuer de courir, même quand à partir du 19e kilomètre je commençai à avoir les jambes très lourdes. De temps en temps, je jetais un coup d'oeil sur mes poursuivants, qui se rapprochaient dangereusement.

Juste avant de reprendre le marcheur au 20ekm, j'avais l'impression d'être l'antépénultième, et je pensais déjà utiliser ce joli mot comme titre pour ce récit. Dans le dernier kilomètre, je me fis reprendre par un des trois hommes à ma poursuite : ça y était, je tenais mon titre !

Vers le 22ekm, un autre gars profita de ma faible allure pour me passer, le lâche! Même si « pénultième » me plaisait aussi, je me disais que je ne devais pas craquer, parce que « dernier », ça sonnait évidemment moins bien. Alors que j'étais vraiment fatigué, avec des jambes de plus en plus raides, je franchis enfin la ligne d'arrivée en 2 h 26' 26 '' (premier arrivé en 1 h 29' 47 '', voir classement).

Finalement, je suis 153e sur 167, j'avais donc encore de la marge ;-) sauf si l'on considère que je suis le dernier sénior :-((

Comme j'avais dit à Lina que je ferais la course en 3 h 15, j'eus du temps pour aller chercher mon cadeau d'arrivée (un bonnet qui peut s'ouvrir pour se mettre autour du cou et une bouteille de Bergerac rouge), pour boire d'abord froid puis un bol de soupe chaude, et pour me les geler dans ce gymnase non chauffé.

Enfin, Lina arriva et je pus me changer et avoir bien chaud.

Conclusion : pour une reprise, avec des kilos en trop et un manque d'entraînement, sur un type de course ne me convenant pas et dans des conditions pas évidentes de pluie, de froid et de boue, je suis, malgré mon classement, plutôt satisfait.

Stéphane




Petit commentaire sur la dénivelée : si je n'avais pas su qu'il y avait 1367+, je n'aurais pas pu le dire. J'aurais estimé celle-ci à 700+ sans doute. En réalité, vu qu'il n'y a que de petites bosses, avec juste deux ou trois vraies côtes courtes, on ne sent pas autant la dénivelée qu'à la Réunion. Pour comparer, en pleine forme et bien entraîné, je ne pus jamais faire l'ascension du Dimitile (à peu près 1300+) en moins d'1h33, pour une distance de 7,5 km. Au mieux, avec encore 15 km à faire derrière même sur terrain plat, j'aurais fait 22 km en 3 h, ce qui prouve que les sentiers réunionnais sont bien plus cassants, plus physiques que la course que j'ai faite hier en 2 h 26' avec peu d'entraînement.



Reprise

par Stéphane | 04/01/2009 | Rubrique: 2009
J'ai quitté la Réunion en juillet 2008. Depuis, je n'ai couru que deux-trois fois en Seine-et-Marne, et trois-quatre fois dans mon nouveau département: la Dordogne.

Moi qui aimais tant descendre à fond des pentes abruptes, et en grimper d'autres bien cassantes, je me retrouve (mais je l'ai voulu!) dans un département n'ayant sans doute pas une côte de plus de 120m.

C'est donc difficile pour moi de me motiver.

Alors, pour recommencer, pour perdre tous ces kilos accumulés pendant mon inactivité sportive (80kg ce matin...) et mes dégustations de foie gras et autres délices, j'ai décidé de m'inscrire à des courses afin de me remotiver.

Première échéance: le Trail de Pécharmant, le 18 janvier (22,4km/1367+).

Hier, j'ai essayé de courir 10km. Vu ma forme et mon poids, je n'ai pu que courir vraiment 2km, puis j'ai surtout marché, pour ne faire en tout que 7km.

Aujourd'hui, malgré les -1°C, j'ai réussi à courir 9,74km (petit clin d'oeil à la Réunion) en 1h00. Je n'irai pas jusqu'à dire que le forme revient, c'est beaucoup trop tôt pour l'envisager, mais bon, c'est mieux que rien.

Demain, sans doute un peu de vélo.



Et hop !

par Stéphane | 14/07/2008 | Rubrique: Entraînements
Nouvelle meilleure performance de l'année sur le Bras de la Plaine: 57'41''. Ah ! si je n'avais pas repris ces kilos ! Mais comment être sérieux quand on va quitter la Réunion et qu'on se fait les derniers repas entre potes ???



Y est-ce ?

par Stéphane | 08/07/2008 | Rubrique: Entraînements
Yes ! Aujourd'hui, contre toute attente une nouvelle fois, je viens de faire mon meilleur temps de l'année sur mon parcours favori, le Bras de la Plaine: 58'57''. Je sens que les appuis en descente redeviennent bons. En montée, je manque encore de jus, mais c'est sur la bonne voie également. Si tout va bien, le jour de la course du Canigou, j'aurai retrouvé mon meilleur niveau et je pourrai espérer courir dans d'excellentes conditions de forme.



Mais comment est-ce possible?

par Stéphane | 06/07/2008 | Rubrique: Entraînements
Aujourd'hui, je me suis levé à 3h30, parce que je n'arrivais plus à dormir, à cause d'une mauvaise respiration et de la musique des voisins qui faisaient la fête. À peine debout, j'ai eu une crise allergique, me mouchant au bas mot trente fois, avec yeux qui piquent, arrière du palais qui démange. Je ne sais toujours pas d'où vient cette allergie qui me prend régulièrement au réveil. Bref, je me sentais fatigué, le nez pris, avec un léger mal de tête. Mais, comme il faut bien que je me prépare à la course du Canigou du 3 août, je me suis quand même décidé à aller courir. J'ai fait le tour habituel dans le quartier, sur bitume (même si je n'aime pas, cela m'est bénéfique au niveau de l'endurance, je le sens), avec une centaine de mètres de dénivelée. Résultat: 47'49'', j'ai battu mon record de mars (48'42'') où j'étais pourtant beaucoup plus en forme. C'est à n'y rien comprendre.



Arc-en-ciel

par Stéphane | 23/06/2008 | Rubrique: Général
Samedi, c'était la 4e édition de la course de l'Arc-en-ciel, entre Saint-Paul et Saint-Louis (61km/3500+/3400- ). Je devais faire cette course, pour finir en beauté mon séjour de 10 ans sur l'île de la Réunion. Malheureusement, fatigué par un rhume/sinusite depuis deux mois, j'ai jugé préférable de ne pas prendre le départ. Tant pis pour mes 55€ d'inscription ! Bravo à Olivier O. qui est arrivé au bout après plus de 16 heures de souffrance sur ce parcours difficile.

Cela dit, un arc-en-ciel s'est produit dans la grisaille de mes dernières semaines d'abattement total : la semaine dernière, j'ai eu trois jours de moindre fatigue, et depuis samedi justement, je ressens un regain d'énergie. J'ai pu refaire deux Bras de la Plaine (avant-hier et hier), et je compte bien m'y remettre sérieusement, malgré des sinus pas tout à fait dégagés et des maux de tête assez fréquents.

À partir d'aujourd'hui lundi, je vais essayer d’être de nouveau sérieux sur le plan alimentaire (la fatigue des dernières semaines m'a un peu cassé le moral, ce qui m'a conduit à une compensation, mais le régime lait, crème, beurre, fromage, glace n'est pas très bon pour la course de montagne), et de reprendre des entraînements réguliers et variés en longueurs et en intensité.

Mes objectifs :
- retrouver totalement la forme
- me préparer activement pour la course du Canigou que je fais le 3 août (première course de montagne en métropole)
- si la forme est revenue et si le sentier a été nettoyé, tenter un Dimitile par le Zèbre en moins d'1H30



Course du Géranium 2008

par Stéphane | 22/05/2008 | Rubrique: 2008


Date: 18/05/08. Lieu: Saint-Paul. 14,5km/1310+. Plus d'infos.

Dimanche dernier, Olivier O. et moi avons fait la Course du Géranium, qui servait cette année de support au Championnat de course de montagne de la Réunion. Autant dire que le niveau allait être relevé... Le journal local annonçait une participation record de 550 coureurs et coureuses, dont tous les spécialistes, notamment le fameux Raymond Fontaine, un des meilleurs nationaux de la discipline.

Je pensais que pour moi ce ne serait pas facile, car mon espèce de rhume perdurait, avec maux de tête et grosse fatigue depuis début avril. Deux jours avant la course, je n'étais toujours pas sûr de participer, et ce n'est que sous corticoïdes que j'ai pu prendre le départ (heureusement que je ne vise pas le podium, car un contrôle anti-dopage m'aurait disqualifié). Malgré la prise de ces médicaments (destinés à casser le terreau allergique de mon problème), je me sentais peu en forme et je visais juste un temps à peine meilleur que celui de l'an dernier (2h19').

Cette année, nos copines étant avec nous, nous pourrions redescendre en voiture, ce qui m'éviterait les mésaventures de l'an dernier (cette course n'étant qu'une montée, il faut prendre une navette pour descendre: je fus obligé de quitter le bus à cause de nausées, et contraint de faire encore 10km à pied pour rejoindre la voiture).

Nous salluâmes une dernière fois nos gentilles photographes, puis ce fut le départ. Beaucoup de monde, donc prudence: bien regarder où on met les pieds pour éviter une chute ou une entorse à cause d'une pierre. Olivier et moi nous souhaitâmes bonne course, puis j'accélérai un peu.

Pas grand chose à raconter ici: je ne me sentais pas en grande forme, mais je pouvais tout de même courir quand c'était possible, et marcher très vite à d'autres endroits. Comme d'habitude, des coureurs me dépassèrent dès que c'était très roulant, et je les redépassai dès que ça grimpait plus raide. Cette année cependant, j'eus l'impression de mieux résister lors des passages de course, et de garder un très bon rythme dans les grosses côtes, ce qui prouve ma progression. Ainsi, malgré un début de crampes (encore et toujours!) dans le dernier kilomètre (je n'étais pas le seul, je voyais souffrir pas mal de monde), je pus accélérer une dernière fois et reprendre quelques concurrents avant l'arrivée.

Je franchis la ligne en 2h07'18''. J'espérais voir les filles et entendre crépiter les flashes: non, elles étaient encore en balade! Je mis donc assez vite le t-shirt offert par l'organisation pour ne pas attraper froid, et j'attendis Olivier, qui arriva en 2h39'. (Le vainqueur de l'épreuve est Raymond Fontaine qui, comme prévu, a fait très fort: 1h12', reléguant le second à 7min! Rappel: l'an dernier le vainqueur a mis 1h25', et il y a deux ans, c'était 1h23').

Nos copines arrivèrent peu après, nous pûmes nous vêtir chaudement et prendre la voiture pour aller manger un bon kebab réparateur!



Cross du Piton des Neiges 2008

par Stéphane | 05/05/2008 | Rubrique: 2008


Hier avait lieu la 20e édition du Cross du Piton des Neiges. Pour Olivier J. et moi, c’était la 2e, pour Olivier O., c’était une première... [J’utiliserai J et O pour désigner les deux Olivier].

Mon objectif était de battre J pour la première fois sur une course, et même de battre son temps de l’an dernier (3h22 contre 3h33 pour moi). Mes entraînements nombreux et intensifs depuis des mois me permettaient d’espérer atteindre ces objectifs. Seul un rhume persistant depuis plus de deux semaines m’inquiétait concernant mes capacités de résistance tout au long d’une course aussi dure. On verrait bien !

Lina et moi allâmes chercher J et sa copine Fanny chez eux pour monter à Cilaos, où nous rejoindraient plus tard O et Lisa. En route, Fanny et J occupèrent nos méninges avec des énigmes vues dans un film.

En arrivant à Cilaos, nous passâmes tout de suite prendre nos dossards. On nous accueillit avec un « Tiens, voilà les M.E.C., on a parlé de vous dans le journal et à la radio ! ». C’est Lina qui avait trouvé ce nom d’équipe, M.E.C. comme « Marche Et Crève ». Du coup, cela fit parler de nous, et nous fit sympathiser rapidement avec les organisateurs, dont Thomas, le webmaster du site avalasse.fr du club d’athlétisme de Cilaos.

Nous reprîmes la voiture pour que je puisse remontrer à J le départ de la course, et montrer aux filles les endroits où elles pourraient nous voir et prendre des photos. En retournant vers le centre-ville, dans un rétrécissement de la chaussée, une voiture heurta mon rétroviseur gauche, dont la glace jaillit, frappa violemment la vitre (heureusement fermée), et vola à plusieurs mètres. Eh oui, c’est ça le sport de haut niveau : il ne faut pas avoir peur des contacts !

Nous arrivâmes au gîte où nous passerions la nuit : la Fleur des Sources. Idéalement situé, propre, il offrait tout le confort nécessaire pour 6 à 8 personnes. Cela nous coûta 100€ à six, ce qui n’est pas cher. Une adresse que l’on peut conseiller.

Nos petites femmes s’étant occupées de nous faire à manger, nous, les MEC, n’eûmes plus qu’à mettre les pieds sous la table. Au menu : un bon plat de pâtes complètes, beurre, sauces pesto ou tomate, parmesan ; en dessert : raisin, pomme ou yaourt.

Il était déjà 22h quand je partis me coucher, vite imité par tout le monde. J’eus un peu de mal à m’endormir, espérant tout de même bien me reposer jusqu’à 4 h, heure du réveil.

Pas de chance : je me réveillai à 3h00, et je ne pus retrouver le sommeil, donc je me levai à 3h45 pour prendre tranquillement mon petit-déjeuner. Je mangeai mon riz au lait (que Lina avait enfin trouvé après avoir fait trois magasins !), et je pris deux cafés. Je bus également beaucoup, dans une bouteille où j’avais mis de la boisson d’attente censée éviter le stress et réguler l’énergie (pour éviter un problème de sucre entre le riz au lait et les gels pris pendant la course).

J’avais dit aux deux autres MEC que comme je me levais tôt pour prendre mon petit-déjeuner et aller aux toilettes, je m’occuperais de déposer avant 6h les sacs contenant les vêtements de rechange qui devaient être acheminés au sommet par hélicoptère. Je découvris sur la table de la cuisine le sac de J, un sac à dos semblant bien rempli, et par terre le « sac » d’O : un sac plastique dont les anses étaient nouées autour d’un bâton, ce qui lui donnait l’allure d’un balluchon comme on en voit dans les dessins animés quand un personnage décide de partir... Je me dis que cela ressemblait plus à un sac de randonneur que de sportif, mais bon, comme O avait des soucis de genou en descente, il préférait, ce qui est compréhensible, s’aider d’un bâton. Ce dernier me paraissait toutefois un peu volumineux, et je doutais que l’organisation accepte de le prendre. Mon petit-déjeuner fini, je pris la voiture et allai donner nos sacs. On ne prit que le mien, qui était petit et portait mon numéro de dossard : celui de J était trop gros, et celui d’O fut refoulé également avec son bâton qui aurait pu servir pour une construction sur pilotis. Je retournai au gîte, réveillai les MEC pour leur demander de refaire leurs sacs, en utilisant les sacs plastiques fournis lors du retrait des dossards et qui portaient leur numéro. En quelques minutes, cela fut fait, et je pus retourner donner tout cela, pendant que les MEC se recouchaient bien évidemment...

La fine équipe ne se leva que peu avant 6h, juste à temps pour prendre vite fait un petit-déjeuner léger et faire un tour aux toilettes. Les filles étaient debout, car elles allaient nous accompagner au départ, puis elles reviendraient prendre un petit-déjeuner et repartiraient enfin pour une balade près d’une cascade.

Au départ, tous les hommes forts étaient là, beaucoup d’anciens vainqueurs de cette course invités par l’organisation pour le 20e anniversaire, ainsi que d’autres excellents coureurs comme le dernier vainqueur du Grand Raid. Et il y avait les MEC !

Le départ fut donné. Après un tour de stade et les encouragements de nos copines, nous entamâmes la partie de route/route forestière de 6,3km qui nous mènerait au pied de la grosse côte de 9km. Les filles nous attendaient déjà là, et c’est sous le crépitement des flashes que je passai en un peu plus de 43min, quelques minutes avant les deux Olivier.

Le début de l’ascension se passa bien. Je gérai tranquillement ma reprise de souffle après la course sur route, je montai d’un bon rythme, reprenant petit à petit quelques coureurs, suffisamment vite pour maintenir l’effort, mais suffisamment prudemment pour ne pas m’épuiser et rattraper plus de coureurs dans la fin du parcours.

Mais, car il y a toujours un mais, je sentis des débuts de crampes dans les mollets dès une heure de course. Cela m’était déjà arrivé l’an dernier sur la Trois-Bassinoise où je ne pouvais plus avancer normalement, et où je m’étais fait remonter par beaucoup de coureurs que j’avais dépassés dans l’ascension. J’étais donc, comme on peut l’imaginer, écœuré de penser que plusieurs mois d’effort intensif, 40.000m de dénivelée positive depuis janvier et 10kg de perdus sur cette période allaient être gâchés par des saloperies de crampes inexpliquées. En effet, ayant eu une alimentation particulièrement variée, une hydratation exceptionnelle (plusieurs litres d’eau par jour depuis des semaines, et plus encore les derniers jours), ayant fait peu d’entraînements costauds les trois dernières semaines pour préserver mon énergie et mes jambes, je ne peux pas comprendre d’où viennent ces crampes.

J’avançai alors avec grande prudence, essayant de trouver une position qui éviterait la crampe. Je bus un peu plus, je m’arrêtai à deux ravitaillements pour prendre du sel : avec tout cela, je réussis à maîtriser ces débuts de crampes et à continuer de monter avec un rythme convenable sans sentir trop de gêne.

J’arrivai au col en forme, me disant que si les crampes ne se faisaient pas trop sentir, je terminerais sans doute en 3h15 maximum, le temps que je m’étais fixé comme objectif.

Je me mis à suivre un coureur ayant le rythme qu’il me fallait pour bien avancer sans aller trop vite. En continuant comme cela, tout se passerait comme prévu...

Malheureusement (car il y a toujours un..., vous connaissez la chanson), je tapai assez violemment mon genou droit contre un rocher. Par réaction, je me redressai brusquement en contractant tous mes muscles des cuisses et des fessiers, et là, j’eus une crampe particulièrement douloureuse dans la cuisse gauche, de ces crampes qui empêchent complètement d’avancer. Je dus m’arrêter quelques secondes, laissant bien malgré moi passer des gars que j’avais dépassés. Je ne savais pas comment faire pour ne plus sentir cette crampe, car si les crampes au mollet m’avaient obligé à faire quelques pauses pour m’étirer les mollets comme tout le monde sait le faire, quand on a une crampe dans la cuisse, tendre la jambe est impossible sans ressentir une forte douleur. J’essayai d’avancer sans trop plier la jambe (pour les mollets) et sans trop la tendre pour la cuisse. C’était douloureux et pénible. Pénible physiquement bien sûr, mais surtout mentalement : à moins de 200m de dénivelée du sommet, je ne pouvais plus marcher convenablement, je sentais mes jambes se bloquer. L’idée d’abandonner m’effleura même une seconde ; je voyais tous ces mois d’entraînements partir en fumée... ou plutôt, encore une fois, en crampes insupportables.

Je décidai pourtant de continuer, n’étant plus très loin du sommet, et ayant sans doute pas mal d’avance sur J. Je faisais très attention à la position de mes jambes, et je pus ainsi reprendre un peu de vitesse. Dans les derniers mètres du parcours, je forçai une dernière fois pour dépasser une fille qui semblait fatiguée, mais je ne pus rien faire quand j’entendis deux gars qui venaient derrière moi en courant : je les laissai me dépasser sans pouvoir lutter.

J’arrivai finalement en 3h06’10’’, heureux d’avoir pu finir, d’avoir fait un bon temps malgré les douleurs, heureux d’avoir rempli tous mes objectifs, mais déçu par ces crampes qui pourrissent mes courses et qui ce jour-là me faisaient sans doute perdre 5min.

J’étais fatigué, et mes jambes étaient dures. J’allai prendre mes affaires de rechange, une bouteille d’eau et un sandwich, afin de retrouver la forme. J’envoyai un texto pour prévenir tout le monde de mon arrivée.

Je pensais que J n’arriverait pas avant 3h22 (son temps de l’an passé), car il avait montré une petite forme pendant les dernières sorties. Mais cette crapule a des ressources : il arriva déjà en 3h16’13’’. Deuxième texto pour signaler son arrivée.

Nous mangeâmes un bout de sandwich, nous bûmes tranquillement, marchant un peu, faisant quelques étirements. Nous allions voir régulièrement si une casquette rouge pointait à l’horizon, mais non, toujours rien. À un moment donné, j’allai voir Thomas qui enregistrait les arrivées pour lui demander si le 3e MEC avait abandonné (il fallait qu’on le sache, car O n’avait pas de téléphone sur lui et nous commencions à avoir un peu froid), il me répondit qu’il venait d’arriver ! Nous l’avions manqué alors que nous discutions. Nous allâmes le voir : il semblait un peu fatigué, mais qui ne l’est pas en arrivant au sommet du Piton des Neiges ? Il avait mis 3h52’50’’ pour sa première participation. Troisième texto pour prévenir que les MEC étaient au complet.

Après quelques minutes de repos pour O, nous redescendîmes vraiment tranquillement pour épargner nos genoux. En bas, nos trois compagnes nous attendaient. Quelques photos et quelques bisous plus tard, nous étions dans la voiture pour aller manger.

Nous assistâmes à la remise des coupes (eh non, encore rien pour nous cette année), puis nous retournâmes ranger nos affaires au gîte, et nous reprîmes la route pour rentrer nous doucher et nous reposer.

Merci à nos accompagnatrices qui nous ont épargné bien des efforts ! Merci également à tous ceux qui ont répondu à mes textos : ça fait plaisir d’être sur le toit de la Réunion, et d’avoir des messages de tous ses amis !

Stéphane



Dernier Dimitile? Les beaux souvenirs.

par Stéphane | 19/04/2008 | Rubrique: Entraînements
Ce matin j'ai donc refait l'ascension du Dimitile par le sentier du Zèbre. J'ai battu mon record, en réalisant 1h33'05''. J'aurais pu faire beaucoup mieux s'il n'y avait pas eu un terrain glissant, s'il n'y avait pas eu une végétation envahissante qui recouvrait parfois le sentier et obligeait à tâtonner du pied pour être sûr de ne pas marcher sur une pierre glissante, et si je ne m'étais pas cassé la figure en glissant (encore !) sur une racine, ce qui me mit une jambe dans le bas-côté et me frotta l'avant-bras sur les rochers... Bref, je suis tout de même content, surtout qu'il s'agit peut-être de mon dernier Dimitile avant de quitter la Réunion. Comme il y avait un soleil radieux, j'ai pu profiter une dernière fois de la jolie vue que l'on a sur la crète. Quels beaux souvenirs sur ce sentier, avec les copains et nos records à battre, en balade, sous le soleil ou une pluie battante, sur un sol sec ou pataugeant dans la boue, quels beaux souvenirs !



Tentative

par Stéphane | 18/04/2008 | Rubrique: Entraînements
Demain, je vais essayer de battre mon record de l'ascension du Dimitile par le sentier du Zèbre (1h34'55'') qui date déjà du 10 septembre 2006 ! Depuis deux jours, je suis un peu enrhumé et un peu fatigué à cause de cela, mais ce record n'a que trop duré, il doit tomber !



Derniers repérages

par Stéphane | 12/04/2008 | Rubrique: Entraînements
Ce matin, j'ai fait les derniers repérages pour le Cross du Piton des Neiges du 04/05. J'ai laissé ma voiture à côté du stade et j'ai emprunté le parcours de la course: stade, plateau des chênes, roche merveilleuse, Route Départementale de Bras Sec, Le bloc, Gite de la caverne Dufour. Je me suis arrêté au col avant le gîte, et je suis redescendu.

Le but de cette sortie était de revoir le début du parcours (la boucle sur route forestière avant le Bloc), de noter distance, temps, dénivelée... et de calculer ainsi une estimation de mon temps sur le parcours total.

Je devais faire 2h05 au plus au col pour être satisfait, c'est-à-dire pour avoir un espoir d'arriver au sommet en 3h15 le jour de la course, soit une dernière partie gravie en 1h10 au lieu des 58min que j'ai mises la dernière fois en partant du Bloc.

La boucle de départ (6,3km/270+) fut réalisée en 42'35. Si le temps mis correspond à mes estimations, je fus surpris de constater qu'il y avait 270+ et non 200+ comme je le croyais. Du coup, j'ai alterné course et marche jusqu'au point culminant (1500m), puis j'ai couru jusqu'au Bloc.

L'ascension se passa plutôt bien. Je gérai mon effort très précisément avec mon altimètre, gravissant notamment les derniers 500m de dénivelée en 8min/100m. J'arrivai au col en 2h03'37'', un temps convenable. Je me sentais assez bien, j'étais content d'avoir fait un temps correspondant presque parfaitement à mes estimations. À noter que la petite fraîcheur ressentie peu avant le col m'a fait penser que je prendrai certainement des gants pour avoir chaud aux mains jusqu'au sommet.

Dans la descente, je sentis une douleur dans le genou droit, je dus alors faire attention et marcher lentement. J'arrivai à la voiture en 3h42.



Objectif atteint

par Stéphane | 05/04/2008 | Rubrique: Entraînements
Ce matin, je suis parti pour battre mon record de l'ascension du Piton des Neiges. C'est chose faite: 2h14 (précédent 2h21). Le col a été atteint en 1h17 (1h21) et le retour à la voiture s'est fait en 3h43 (4h20). J'y suis allé en essayant de me mettre dans les conditions alimentaires de la course qui aura lieu le 04/05: boisson d'attente dans la voiture, boisson spéciale dans la poche à eau, deux barres mangées, l'une avant le gîte, l'autre après.



Dur dur

par Stéphane | 04/04/2008 | Rubrique: Entraînements
Hier, j'ai refait un parcours que je n'avais fait qu'une fois en juin 2007 : départ de la maison à pied, traversée du Bras de la Plaine, retour à la maison (22,3km, 820+). La première fois, je me souviens avoir eu du mal, fatigué par la longueur du trajet et par une certaine méforme. J'avais mis 3h39. Hier, au départ, je croyais me souvenir d'un temps de 4h00, donc mon objectif était de faire 3h30.

J'avais un petit coup de fatigue depuis deux jours, mais j'étais motivé pour retenter ce parcours qui me laissait un mauvais souvenir. Je partis à un rythme moyen, souhaitant avant tout préserver mes forces pour la traversée du Bras de la Plaine. Je courais quasiment tout le temps dans la montée, ne marchant que quand la côte était vraiment trop raide pour ma forme du jour. J'arrivai au départ du sentier en 58min (8 km, 370+).

Je pus enfin profiter de mon premier effort en descendant en courant dans le lit de la rivière : quel plaisir de courir sur un sentier après le bitume qui n'apporte rien, sauf pour moi des douleurs dans la cuisse !

Je montai à l'Entre-Deux facilement, et je revins également à un très bon rythme : 1h09 pour l'aller-retour de ce sentier que je connais par cœur.

J'entamai alors la dernière partie de mon effort du jour : la descente de 8km sur bitume jusqu'à la maison. Ce fut difficile, car le soleil tapait assez fort, et cette course sur route avait déclenché comme prévu mes douleurs cuisse-fessier. J'avançais toutefois à un bon rythme, car je savais que je pouvais faire beaucoup mieux que 3h30, voire moins de 3h. La fin fut pénible, j'étais très fatigué. J'arrivai à la maison en 2h55, content de cet excellent temps...

Malheureusement, j'étais en mauvais état : sensation de froid, envie de vomir, maux de tête importants, grosses douleurs dans la cuisse. Cela me faisait penser à mon état dans le Grand Raid, qui m'avait obligé à abandonner à Cilaos. Il me fallut presque une heure de repos et une douche très chaude d'un quart d'heure pour me sentir mieux. J'étais cependant très entamé. Peut-être n'étais-je pas suffisamment hydraté, peut-être avais-je surestimé mes forces ce jour-là alors que je me savais déjà fatigué depuis deux jours... La course de montagne réserve toujours des surprises... :-((

Aujourd'hui, ça va mieux, j'ai bien bu, je me suis refait un stock d'énergie, je me suis reposé. Je suis prêt à tenter de battre mon temps sur le Piton des Neiges demain... objectif : 2h15 pour atteindre le sommet!



Copyright © stephane974 - Blog créé avec ZeBlog